Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 10:13

monstre-feutre

 

Le chien cotoneux a des allures de béliers, il louche, il est un peu difforme. Il aime les flaques de purpurine et les ciels violets. Il gratte le sol, parfois, ça lui glisse sur l'échine, le suc noir de la fièvre. Il s'emporte parfois, il est colère quelques fois, et aussi apathique, cela dépend. L'espace tout entier se disloque, s'écoule, par en décrépitude autour de lui. Il n'est pas méchant, il aime juste les couleurs sur fond gris.

Repost 0
Published by June - dans L'imaginarium
commenter cet article
6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 18:50

La ménade est étendue, elle cabre le dos, fatigue de la nuit verte et violette. Le corps est harassé des mélopées de flûtes jouées à plein poumon par les aulètes. Le dieu est apparu en gloire, flétri d'abord en une longue élégie et puis flamboyant, sublime, renaissant à nouveau au rythme du dithyrambe. L'herbe a poussé, les arbres ont déployé des jeunes pousses dans leur feuillage ainsi étoilé. Dans la danse vive menée par le thyrse de Dionysos, les esprits ont haleté, ont fouetté l'air dans des claquements sourds, et des plaintes muées en cris de frayeurs. La pulsion de la mort, alors terrible violence, s'est faite peu à peu acte d'amour, auréolant de magnificence la vie -cette mortelle- des disciples hallucinés. L'ivresse sacré épandit dans le coeur des danseurs, la cruelle et tragique beauté de la vie sur la terre.

 

la-ménade

 

 

Avancements et étapes de ce grand format : déjà première esquisse fusain.  

 

femme-nue-croquis

 

Premiers tâtonnements acrylique (mauvaise qualité des peintures, couleurs peu rutilantes...)

 

femme-nue-peinture

 

Après l'essai sur carton, la silhouette s'étend au fusain, puis les premiers coups de pinceaux...

 

ménade

 

Repost 0
Published by June - dans Soma gunès
commenter cet article
28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 20:48

jeune-fille-longs-cheveux

 

Les cheveux portaient fréquence ondulatoire. Elle sillonait les turbulences aériennes.Des traces sur la peau, un peu de vernis violet pour être jolie. Elle semble prendre racine. Autour d'elle, comme c'est bizarre, tout dégouline. Sur ces cheveux encore secs, son visage, ses épaules. Tout est vermeil comme du jus de groseille.

Repost 0
25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 20:16

femme et l'endormi

 

Les sphères lumineuses s'éparpillent et se rejoignent autour du corps filandreux du maître. Et les femmes attristées le croit mort, car depuis hier il n'a pas bougé. Le ciel obscur est moucheté de noir ce matin. Les veilleurs tournoient leur tête, cercle de poussière. La main sur son bras, les cheveux longs féminins immobiles, une torpeur féminine devant l'homme couché.

Repost 0
Published by June - dans L'imaginarium
commenter cet article
21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 18:15

Bientôt je partirai.
Demain, déjà tout sera loin.
Je l’ai retrouvée au jour prochain.
Je suis devenu celui qui pouvait lui fermer les yeux, la nuit, pour l’aider à s’endormir.
Et puis, je l’ai retenue pour ne pas qu’elle tâche le soleil. Elle doit savoir qu’il n’y a rien à faire ici. J’ai compté toutes les lignes du sol, une seule s’entortille à sa cheville. Je suis le rêve que tu fais les jours où il pleut. Te faire oublier, enfin que le monde est sale et la perte des poissons de lune.
Je crois qu’elle tombe, j’ai posé ma main sur sa conscience lavée. Je voudrais lui éviter la peur et le pouvoir de l’ombre. Un jour elle s’était égarée dans les bois. La mousse verte buvait à ses artères, l’enivrait de strangulation.
J’ai dévoré les parcelles où le doute avait logé, caressé l’ennui de tes fleurs épanchées.
Elle a pris ses épingles et piqué les tissus chargés de son odeur. Je l’ai suivie encore jusqu’à la voir disparaître complètement. J’exerce mes yeux à garder trace de sa présence. J’ai mué sa colère qui crépite comme un feu ardent. Elle s’est détachée de l’horizon pour fixer ces genoux à la saveur des arbres. Elle n’a rien à envier aux blancheurs de l’aube dont elle s’éprend toujours. Mais elle ne peut s’en empêcher. Rien ne peut la distraire. J’ai épuré les frondaisons de l’orgueil, je me suis fait habit d’humilité. Il y a des secrets qui resteront tus à jamais. J’aime tant être là, dans le fossé de ses yeux, sucer le bout de tes cils encore est délicieux.

 

 

Repost 0
Published by June - dans Ecriture
commenter cet article
18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 23:58

6-frères-cygnes

 

Les frères entourent leur triste soeur. La malédiction impose l'ouvrage terrible et en silence, six ans durant. Doit coudre avec ses petits doigts avec fils de fleurs, des chemises de garçons. Mise à sac dépouillée, emmené au roi, la pauvresse aux habits dérobés. Amoureux il s'en fut l'épouser. Mais la vilaine marâtre vole les bébés, barbouille de sang la pauvre mariée, au bout du troisième, le roi doit condamnée celle qu'il chérie bien qu'il n'en croit ses yeux. L'épousée sans mot, ne pouvant se défendre, doit se résignée. A périr dans les flammes, bien évidemment c'est le sort des filles qui tuent et mangent leur bébé. Mais enfin, les frères accourent dans leur duveteux habits de plumes, elle leur lance vite les chemises à la volée. Ainsi reparaissant, le plumage tombe et la peau se fait humaine. Délivrée du mutisme elle déclame son innocence et fait envoyée sa belle-mère au bûcher.

Seulement, un frère n'avait sa manche tout à fait terminée, il garda en souvenir une belle aile blanche.

Repost 0
Published by June - dans L'imaginarium
commenter cet article
7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 17:12

mouton-écorché

 

On dépèce bien les bêtes à poils. Et à sang. Elles renâclent les vers à travers leur laine suitante. Hier son aïeul a vu le couteau, aujourd'hui, il voit la machine de métal, et toujours ayant vu, et voyant, ils verront les yeux blancs et le bras raide de l'homme.

Gloire pour la viande rôtie et noire, gloire pour la laine que l'on veut immaculée. Conspué est le frêle squelette, la triste chair qui portent la marchandise. Le mouton n'est qu'épuisement au labeur de l'existence programmée, préméditée, désolée.

 

C'est la première des grandes peintures pour le Projet performance animal

Repost 0
Published by June - dans Anima
commenter cet article
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 22:44

membres étranges

 

Parcelle d'états, désorganisation moléculaire. Isolement des nosographies, éclatement perturabatoire des membres réels ou imaginaires. Virtualité au service de la sensation en déroute. Cérumen empêche le cerveau d'aller et venir dans la boîte crânienne. Reconnaissance partielle des parties mise à mal et incapacité chronique à saisir le tout.

Repost 0
Published by June - dans L'imaginarium
commenter cet article
26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 23:12

hubris-torturé1

 

Hubris monstrueux se rafistole comme il peut.

 

hubris-torturé2

 

S'agite en tout sens, les membres en croix, transmutation charpies tissulaires.

 

hubris-torturé3

 

Cire aspergée, tiqueture de soubassement cutané. Agression, comme assailli lumière condensation.

 

hubris-torturé4

 

Démesure arbrisseau téméraire et toujours assoifé, s'écharde les deux yeux, crevasses obsidiennes, pierre qui se fend abîme immonde.

 

hubris-torturé5

 

Ouïr quelque part, le chant rauque et flebile de l'abhorré s'entrechoquant au milieu des limbes en masque de flanelle.

Repost 0
22 avril 2013 1 22 /04 /avril /2013 23:38

marie-liny

 

Elle s'est assise, ferme les yeux. Les cils qui s'envolent, la peau ambrée. Croise les pieds, nonchalemment, elle a l'air enfin, un peu reposée, au soleil rêve, la paix arrivée, la rêveuse ne dit mot et savoure la joie silencieuse, elle sourit.

Repost 0

Présentation

  • : Les songes du Lotophage
  • Les songes du Lotophage
  • : Des créations, un petit univers. Une expérience littéraire dans le cadre d'un journal intime sensitif et artistique.
  • Contact

Texte Libre

Recherche

Archives