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6 novembre 2012 2 06 /11 /novembre /2012 23:12

L'oiseau s'ouvre, globules noirs, ramiges effeuillées, duvets concassé, blancheur immaculée destruction.

Il se tourne, de droite et de gauche, les ailes ballantes, juste un râle, un râle englué dans le fond de sa gorge. Dégoulinera peut-être le long du bec, air vicié, réceptable fragile, coquille de chair molle et faisandée. Il se dresse pourtant sur ses pattes malingres, squelette abîmé, blêmit au soleil délavé. Se maintien incertain, réguler l'ossature, plantées plumes poussiéreuses dans la peau flasque, déjà dégénérée.

 

oiseau-mort-noir

 

Vous pouvez faire un tour sur les oeuvres du projet Les oiseaux morts.

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1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 12:20

  Détournement d'une peinture de l'Ecole de Fontainebleau (env.1594) : Gabrielle d'Estrées et une de ses sœurs

 

Première photo : en cours d'élaboration. Couche de gesso sur feuille de papier, puis fusain, et enfin acrylique, encre, gouache, noirs et blancs.

 

pestepasfini

 

Tout d'abord, reprise d'une peinture de la Renaissance. Gommer le fourmillement de symboles, garder les deux figures, sujets principaux. Occire toute fioriture, l'heure n'est plus aux calmes intérieurs luxueux. Supprimer la couleur.

Couper les têtes femelles, et y apposer une tête, masques corrompus, costumes des siècles, docteur de la Peste. Le grand chapeau noir, le bec bourré de cataplasme d'herboristerie. Eviter la contagion, éviter la maladie.

 

peste-au-bain-terminé

 

Des plumes, ajouts contre toute vraisemblance, s'enfuient des bandages précautionneusement disposés.

Oiseau, déguisement, femme... Peut-être ou peut-être pas.

Les corps sont difformes, disproportionnés, j'en ai bien conscience, à vrai dire monstrueux. Comme si le corps, pourtant chose dont on peut être sûr, n'était en fait qu'une pantomime. Inversion. Car alors, les plumes sont peut-êtres vraies. S'agit-il d'oiseaux mi-humains déguisés en docteur de la peste, ou bien leur costumes sont-ils leur peau, leur visage, abominations diaboliques ?

Porteurs de morts, ou gardiens de vie ?

 

Je n'en sais pas plus que vous, depuis le premier instant où ces créatures se sont invitées dans ma feuille blanche et qu'elles ont décidée d'y prendre un bain...

 

Voir les autres créations issues du fil conducteur Les oiseaux morts.

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7 septembre 2012 5 07 /09 /septembre /2012 12:23

Tentatives et tâtonnements.

L'oiseau écrasé, l'oiseau mort, ses plumes et ses os sacrifiés, le crâne rouge que la lumière déflore.

L'encre hésitante, le sale et l'impiété du cadavre exposé aux flots des voitures que ravale, l'ultime fierté animale.


oiseaumortencre

 

Le corps, serre et bec, un délabrement, mi-trépassé, mi-vivant, un pas sous les néons asphyxiant, salle contrationnaire, le fatum, la malédiction du poulet de chair. Qui n'est plus que chair en attente de l'électrocution, du vidage des entrailles, que graisse suintante et regard apeuré, l'âme tuée, vide de vie, fonctions biologiques et fabrication de matière déjà avariées, déjà pourrissantes, corps déjà mort, avant d'être né. Le périssement reproduit, le goût des boyaux et de la fiente faisandée. L'âme éteinte, dans la carcasse  trop lourde à porter et déjà si abîmée.


poulet-copie-1

 

Début du projet des oiseaux morts 1.

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25 août 2012 6 25 /08 /août /2012 19:05

oiseauxencre

 

Le début d'une fascination, quelque peu étrange, peut-être un peu morbide. Une obsession.

L'oiseau psychompe, l'oiseau passeur, l'oiseau qui est cet autre que l'humanité ne veut reconnaître, l'ennemi de l'humain, son rival, ou bien la créature providentielle et aimée, consacrée par les divinités.

 

Le porteur de mort, mais aussi celui qui la surpasse, la sublime, voir la transmute comme le vautour qui se repaît des chairs tuméfiées, avale la matière morte et en extrait l'énergie vitale, la puissance de fécondation, de renouveau et de vie.

 

cahier-oiseaux

 

Des expériences. La phrase de Chloé Delaume dans J'habite dans la télévision : "Votre tête est pleine d'oiseaux morts". Une inquiétude, pire une angoisse, métaphoriquement et littéralement. Le sens vrille toute perception, tout raisonnement.

Et puis la confrontation, les cadavres sur le macadam, les os fins comme des arêtes de poissons, le crâne rouge sale, les plumes, presque déchet plastique dans l'immonde urbanité.

 

carnet-oiseaux2

 

Des recherches, des ressentis, explorer la sémantique, le symbole, l'empreinte. Une série d'expérimentations plastique...

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