Des créations, un petit univers. Une expérience littéraire dans le cadre d'un journal intime sensitif et artistique.
Détournement d'une peinture de l'Ecole de Fontainebleau (env.1594) : Gabrielle d'Estrées et une de ses sœurs
Première photo : en cours d'élaboration. Couche de gesso sur feuille de papier, puis fusain, et enfin acrylique, encre, gouache, noirs et blancs.
Tout d'abord, reprise d'une peinture de la Renaissance. Gommer le fourmillement de symboles, garder les deux figures, sujets principaux. Occire toute fioriture, l'heure n'est plus aux calmes intérieurs luxueux. Supprimer la couleur.
Couper les têtes femelles, et y apposer une tête, masques corrompus, costumes des siècles, docteur de la Peste. Le grand chapeau noir, le bec bourré de cataplasme d'herboristerie. Eviter la contagion, éviter la maladie.
Des plumes, ajouts contre toute vraisemblance, s'enfuient des bandages précautionneusement disposés.
Oiseau, déguisement, femme... Peut-être ou peut-être pas.
Les corps sont difformes, disproportionnés, j'en ai bien conscience, à vrai dire monstrueux. Comme si le corps, pourtant chose dont on peut être sûr, n'était en fait qu'une pantomime. Inversion. Car alors, les plumes sont peut-êtres vraies. S'agit-il d'oiseaux mi-humains déguisés en docteur de la peste, ou bien leur costumes sont-ils leur peau, leur visage, abominations diaboliques ?
Porteurs de morts, ou gardiens de vie ?
Je n'en sais pas plus que vous, depuis le premier instant où ces créatures se sont invitées dans ma feuille blanche et qu'elles ont décidée d'y prendre un bain...
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