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Des créations, un petit univers. Une expérience littéraire dans le cadre d'un journal intime sensitif et artistique.

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Suite carnet (2)

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Le féminin est protéiforme. S'il se laisse timidement approcher, c'est pour mieux fuir, bien qu'ardemment désiré.

 

***

 

Automne. Saison de la déliquesence. Mais quel grandiose et sublime pourrissement. Quel ravissement d'ocres, de jaune, de terre de sienne et brûlées de pourpres miroitants, une inifinités d'oeillades colorées.

 

***

 

Je me sens encore bien plus attirée par la déconstruction syntaxique, l'éclatement des phrases, faisant voler en éclat le sens, le dispersant en plein de petits morceaux. La rupture du langage, son morcellement me plaisent, découvrant à la fois sa faiblesse, comme étant incapable d'aller au-delà de lui-même, impuissant à signifier, mais aussi révélant par cela même ses possibilités nouvelles, sa féconde richesse à exprimer, non plus la raison et le sens, mais plutôt la folie, l'impulsif, le non-dit, l'affolement des psychoses, 

 

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la palpitation névrotique et cruelle du vide dans lequel nous nous débattons, pathétiques, tels des pantins secoués par des mains invisibles, qui ricanent de notre absurde condition. Mais ces potentialités sont à chercher dans la forme, la forme devenant le premier support, le premier moyen. Lui accorder attention et dévouement, s'appliquer à l'apprivoiser, pour la faire sienne et exprimer alors une fois maîtrisée, plus radicalement encore, le fond, le contenu.

 

***

 

Je ne peux m'empêcher de songer chaque jour à l'instant ultime du basculement vers l'espace inconnu. Je ne peux résister à l'image morbide de la putréfaction de mes chairs et de mes organes. Je ne suis qu'un tas de viande, animé pour le moment,  un pourrissement en devenir. La vie n'est qu'un long interlude à cette fin fatale.

 

***

 

J'aspire à un refuge onirique parsemé de tes tendres attentions. Un jardin étrange où s'épanouiraient des plantes vénéneuses, des

 

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fruits fluorescents et acidulés, où les oiseaux morts lisseraient leurs plumes presque vivants, où les souches centenaires des arbres feraient apparaître des calices flamboyants aux éclairs d'or. Des étangs marécageux dégorgeraient des nénuphares luminescents et translucides, aux lueurs mauves et vert-d'eau, tandis q'une brume ouatée et humide en nimberait la surface.

 

***

 

Une divinité qui fait l'amour avec un être humain, c'est un peu comme de la zoophilie.

 

***

 

Je veux des corps tronqués, des amputations tuméfiées, des moignons sans visage. Inutile de crever les yeux, il suffit d'arracher la tête. Juste un abcès plein de pus qu'on a moissoné et jeter aux ordures. Seulement des corps, sans cerveau, sans regard, sabrés sur la partie supérieure, à la place, le vide, l'absence qui néantise tout le reste.

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