Des créations, un petit univers. Une expérience littéraire dans le cadre d'un journal intime sensitif et artistique.
Bientôt je partirai.
Demain, déjà tout sera loin.
Je l’ai retrouvée au jour prochain.
Je suis devenu celui qui pouvait lui fermer les yeux, la nuit, pour l’aider à s’endormir.
Et puis, je l’ai retenue pour ne pas qu’elle tâche le soleil. Elle doit savoir qu’il n’y a rien à faire ici. J’ai compté toutes les lignes du sol, une seule s’entortille à sa cheville. Je suis le rêve que tu fais les jours où il pleut. Te faire oublier, enfin que le monde est sale et la perte des poissons de lune.
Je crois qu’elle tombe, j’ai posé ma main sur sa conscience lavée. Je voudrais lui éviter la peur et le pouvoir de l’ombre. Un jour elle s’était égarée dans les bois. La mousse verte buvait à ses artères, l’enivrait de strangulation.
J’ai dévoré les parcelles où le doute avait logé, caressé l’ennui de tes fleurs épanchées.
Elle a pris ses épingles et piqué les tissus chargés de son odeur. Je l’ai suivie encore jusqu’à la voir disparaître complètement. J’exerce mes yeux à garder trace de sa présence. J’ai mué sa colère qui crépite comme un feu ardent. Elle s’est détachée de l’horizon pour fixer ces genoux à la saveur des arbres. Elle n’a rien à envier aux blancheurs de l’aube dont elle s’éprend toujours. Mais elle ne peut s’en empêcher. Rien ne peut la distraire. J’ai épuré les frondaisons de l’orgueil, je me suis fait habit d’humilité. Il y a des secrets qui resteront tus à jamais. J’aime tant être là, dans le fossé de ses yeux, sucer le bout de tes cils encore est délicieux.