Des créations, un petit univers. Une expérience littéraire dans le cadre d'un journal intime sensitif et artistique.
Végétal, viscosité, les sépales qui s'agglutinent et coulent, les filaments racines filandreuses, brou de noix et acrylique pâteuse, encre noire comme les grains sombres des horrifiques herbacées. Tracés, ligne carbone, se fond en eau, s'exaspère papier...
Les prémisses papier fragilise, armature de fer, lier les lignes. Le bipède ailé prend forme et volume. Mis en cage, petit oiseau ne deviendra pas grand. Traits courbes se répondent, se poursuivent à l'infini, enserre et élargissent l'horizon. Rotondité...
Le féminin est protéiforme. S'il se laisse timidement approcher, c'est pour mieux fuir, bien qu'ardemment désiré. *** Automne. Saison de la déliquesence. Mais quel grandiose et sublime pourrissement. Quel ravissement d'ocres, de jaune, de terre de sienne...
La mère cochon sur son petit veille. La mère est l'univers de chaleur, la force sûre et paisible. Une berceuse pour le dernier-né, étrange couple, on sait bien que les cochons ont beaucoup de petits. Ces oreilles douces comme le satin, la mère englobe,...
Au fond des bois, poilu et brun, écorche les troncs, animal imposant. Une force brute, un grognement rauque, modelé à partir de la terre limoneuse des plaines épicéas, du Nord. Les sabots fendus pourraient lui prêter encore, quelques sortilèges. La terre...
D'après un arrière-plan du jeu indépendant The Path : où comment 6 petits chaperons rouges se promènent dans les bois, et un deux trois, rencontrent leur loup, et trépassent. Univers malsain, forêt noire comme un coeur gangréné de suie. Des objets, des...
Détournement d'une peinture de l'Ecole de Fontainebleau (env.1594) : Gabrielle d'Estrées et une de ses sœurs Première photo : en cours d'élaboration. Couche de gesso sur feuille de papier, puis fusain, et enfin acrylique, encre, gouache, noirs et blancs....
Le marécage. Macération organique, silice, acide, eau stagnante, bain vert aux strates de feuilles, d'algues surpeuplant la surface, émergant de l'eau huileuse pleine d'un substrat de vie, vie bactérienne, vie minuscule et dense. L'arbre a bu à l'eau...
Un samedi au centre-ville, une fois depuis longtemps. Amis et famille, très peu, mais quelques-un, une résistance, une association, un stand, pour les animaux. Pour l'abolition de l'exploitation, pour la fin de la soumission. Au milieu des tracts, des...
D'après un livre d'archéologie. Les statuettes et bas-reliefs babyloniens. Le bovin sacré aux cornes couronnées. Vestiges lointain, poussière de pierre et étiolement du métal doré. Au plus loin encore, les visages ciselées, douceur blanche entaillée d'yeux...
Les glyphes s'animent, effet galvanique, se meuvent par-même, se mettent à explorer la paroi lisse de de pierre. Ecriture fragmentaire, traits précis, voltigent espace littéraire, idéogramme rusé se race, marque sacrée. Lettre ou symbole, pluie nuage...
Une ligne qui se trace, un chemin qui marche, suivre le mouvement, barrière, pont, routes, parcourir l'espace. Centimètres pas centimètres, recouvrir. Apposer liaison, surcoller. Vert irisé, déambuler, matière acrylique s'épaissit au contact feuille,...
Esquisse, silhouette, sur le vif. Juste chez moi, observer quelque peu.User violet et traces de bleux. Figure famillière sous les yeux, mouvements dynamisme quotidiens, toujours affairées, saisir la fugacité, l'espace de quelques secondes. Exercice difficile,...
L'heure du premier article est arrivé. Retarder un peu plus l'échéance, le moment décisif, il est là maintenant. Tout subterfuge est inutile dès lors, la procrastination rompue. Il y a toujours tant à dire, tant à ressasser. La première angoisse est l'organisation,...
Bientôt je partirai. Demain, déjà tout sera loin. Je l’ai retrouvée au jour prochain. Je suis devenu celui qui pouvait lui fermer les yeux, la nuit, pour l’aider à s’endormir. Et puis, je l’ai retenue pour ne pas qu’elle tâche le soleil. Elle doit savoir...
Elle aime jouer avec les boutons de sa chemise à lui. Il apprécie la dentelle et la tulle qu'il y a sur ses habits à elle. Elle s'affole souvent pour un rien, il souhaite secrètement un ailleurs hors du commun. Elle veut régner, car elle a l'étoffe d'une...
Petit texte écrit d'une traite, ne rien rajouter, ne garder que l'instant d'écriture, rien de plus, rien de moins. Entre autofiction et prose poétique, un fragment autonome mais bientôt relié à d'autres qui suivront certainement... Les rixes somnifères...
Soubresauts, fils noirs incisant la surface. Repasser le traits, successivement, lignes aprêtées couche après couche. Asphyxie de la page blanche, remplir, trait après trait. Un déchaînement. Peut-être une tempête. L'oiseau qui garde la rivière.
Grive jolie grive, sur sa branche, se balance, fendille l'air par des mélopées enjouées. Solitaire, les yeux noirs, globes brillants, prête à l'envol au moindre bruit. Dodeline de la tête, ouvre son bec, s'élance et étend les ailes sur son empire ter...
Il était un pinguoin, la peau aux granules, croissance irraisonnée, deux oisillons symétriques empatés et couve le petit dernier. Les yeux en fissures, ils vivront mieux aveugles, l'air est bien trop frais pour eux. La charmille de leur plumes soudain...
Un entremêlement coeur d'intestin, intérieur beauté canonique. Organe juteux s'époussetèrent en canaux irrigués. Un nuage fébrile se vaporise en sel de sulfure, rongeante acidité tuméfie les chairs liquoreuses.
Grillage séduit les pomettes enfantines, les poignets pâles se rejoignent. La pluie est noire ce matin, les filles se posent sur des bancs de pierre mouillés. Les barres, métal fusionné, scintille ses lignes ferreuses, une ombrelle, un masque légèrement...
La grotte nébuleuse irradie de l'intérieur, elle a mangé un fragment de supernova. Elle s'est mise à rougir, la naine vermillon imprime râles chauds aux stalagmites. Le violet boit aux fondations de givre. Les cristaux s'écaillent en larmoyantes fave...
Elle s'est assise, ferme les yeux. Les cils qui s'envolent, la peau ambrée. Croise les pieds, nonchalemment, elle a l'air enfin, un peu reposée, au soleil rêve, la paix arrivée, la rêveuse ne dit mot et savoure la joie silencieuse, elle sourit.
La ligne s'épanchait tranquillement le long du couvre-lit, les turbulences réfrénées au choc, dernier glissement assoupi aux creux des reins. Un contour seul, l'espace aucune prise, dedans et dehors, intérieur extérieur, le blanc s'insinue, ne faire qu'un...